PERIR

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[Vol. 12, p. 379]

PERIR, v. neut. (Gramm.) rien ne s'anéantit, mais tout change d'état. En ce sens nous périssons sans cesse, ou nous ne périssons point du tout, puisqu'il n'y a aucun instant dans l'éternité de notre durée où nous différions plus de nous-mêmes que dans aucun autre instant antérieur ou postérieur, & que nous sommes dans un flux perpétuel. Le verbe périr est relatif à un état de destruction très-sensible; & l'on dit ce vaisseau a péri sur la côte; les hommes ont une fois péri par les eaux, & l'on croit qu'ils périront un jour par le feu; les bâtimens inhabités périssent; il a péri par la faim. Dieu l'aisse périr tous les jours une infinité d'âmes faute d'une lumière qui peut-être les sauveroit, qu'il leur refuse et qu'il n'y a que lui qui puisse leur donner. N'auriez-vous pas honte de laisser périr celui à qui vous n'auriez qu'à tendre la main pour le sauver?

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